Suite aux fameux plans de relance, on aurait espéré des révolutions financières, économiques, politiques et morales.
Malheureusement sur aucun de ces fronts il n'y a une réel avancée. Le chômage a atteint des taux records aux USA et en Europe. Des millions de gens-en particulier aux USA-ont perdu leur épargne-retraite et leur logement ainsi que leurs économies investies dans des fonds scrupuleux basés sur "les SubPrime Mortgages".
Un petit épisode fait écho au ras-le-bol ambiant: les Mid-Terms, les élections législatives américaines de mi-mandat. Les citoyens américains attendent d'Obama qu'il tienne plus fermement ses positions. À force de compromis douteux (NDLR: Je parle ici en particulier de la réforme de Wall Street), on ne sent plus son empathie pour les contribuables. Il suffit alors d'ajouter un taux de chômage officiel de plus de 9.5% depuis juillet 2009 et le peuple ne vous fera plus confiance.
Pourtant Obama était parti sur une bonne voie, l'un de ses objectifs de campagne étant de réformer "Wall Street"- établir une institution étatique qui s'assurerait de la transparence des produits financiers sur le marché américain. Malheureusement Obama n'a fait qu'affecter plus de fonds au sauvetage des banques sans réforme profonde du système financier "à la new yorkaise". C'était le début d'une révolution financière.
La révolution financière version USA aurait été un exemple, Wall Street étant le centre boursier mondial. Mais cela n'aurait été utile que sur le court terme. En effet il est à noter que les acteurs de cette crise ont été encouragés par la cupidité et la convoitise. Donc si ils ne peuvent plus créer de produits financiers douteux aux Etats-Unis, ils changeront simplement de nid et iront s'installer là où on leur offrira plus de libertés.
Si on attend une quelconque révolution dans le monde de la finance c'est bien parce que les banques nous ont prouvés leur incapacité à gérer les risques de leurs propres activités. Les dirigeants des instituts financiers sont trop absorbés par les bonus de fin d'année, bonus et stock-options qui atteignent trop souvent des sommes mirobolantes et intolérables.
Une solution abordable serait, comme l'a proposé très justement Joseph E. Stiglitz, un organisme mondial de réglementation financière afin de surveiller et évaluer les risques systémiques ainsi que de normaliser les produits financiers. On apporte alors plus de transparence sur le marché et pour cela il faudrait une réglementation internationale du système des primes des cadres qui permettraient entre autres de combattre le laxisme, la fraude comptable ou les prises de risques excessives.
| Joseph E. Stigliz, prix Nobel d'Economie |
La Chine émit l'an dernier l'idée d'étalon-monnaie, c'est à dire de remplacer le dollar qui joue le rôle de monnaie de facto sur le marché monétaire international par une nouvelle devise de réserve. La proposition de la Chine pour le dernier G20 était d'utiliser les "droits de tirage spéciaux" du FMI comme monnaie de référence sur le marché des devises. Ceci à court-terme n'arrangerait pas les USA qui sont bien heureux de n'avoir que rarement besoin de changer leur monnaie. Mais à long-terme on en revient au paradoxe de Triffin, les USA ne peuvent contrôler le cours de leur monnaie tant qu'ils approvisionnent le monde entier.
Joseph E. Stiglitz rappelle qu'une idée de "Banque Mondiale" avait déjà été pensée par Keynes. Le fondateur des concepts de la macroéconomie moderne voulait lui aussi passer par le biais du FMI 80 ans plus tôt. Mais Stiglitz, étant connu pour ses violentes critiques envers le Fonds Monétaire International, il est peu probable que celui-ci veuille avoir le "Dollar FMI" comme monnaie de référence.
Une Banque Mondiale, serait une excellente alternative sur le long terme ! A quand le prochain Bretton Woods ? Sommes-nous prêts à curer les maladies chroniques de notre économie malgré les prix à payer ? Le contribuable ne s'est-t-il pas déjà trop sacrifié ?
Mais en fait est-ce assez ?
Finalement ne trouvera-t-on pas une faille dans les réglementations afin de faire à nouveau ENCORE plus d'argent à la manière des SubPrimes ?
La stabilité du système financier est par ailleurs fragilisée par les avantages économiques des grandes puissances. Les Etats-Unis qui comptent trop sur leur balance commerciale pour l'instant et la Chine animée de grandes ambitions se feront un plaisir de se débarrasser de tout obstacle ; sans compter des puissances telles que le Brésil ou l'Inde qui ont maintenant leur mot à dire sur la scène internationale.
En fait à long terme dans la logique capitaliste, sachant qu'on admet que l'Homo œconomicus est avide par nature et qu'il sera toujours attirés par des gains sans cesse plus grand, il n'y a certainement pas de système optimal.
Pourtant quelques leçons morales nous permettraient d'éviter bon nombre de catastrophes. To be continued...
- Scenes from the recession in the Big Picture, news stories in photographs
- Markets can't rule themselves, article de Joseph E. Stiglitz pour Newsweek
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